Or vs Pétrole

Le rapport entre l’once d’or et le baril est l’un des plus vieux indicateurs des marchés de matières premières. Il oppose un métal qu’on thésaurise à une énergie qu’on brûle — et dont la cotation n’est pas le prix d’un baril en cuve, mais celui d’un contrat qu’il faut sans cesse remplacer.

Sur la période commune aux deux séries, Or (Once) l’emporte avec +10,8 % par an.

Du 23/08/2000 au 23/10/2026, en dollars.
Actif Performance totale Annualisée Volatilité Plus forte baisse
Or (Once) ×14,6 +10,8 % par an 15,2 % −40,7 % (décembre 2015)
Pétrole brut (WTI) +222,2 % +4,6 % par an 38,3 % −86,0 % (mai 2020)

Chiffres calculés le 26/10/2026 à partir des cours de clôture mensuels. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Ce que coûte de ne pas pouvoir stocker

Une once d’or se garde dans un coffre pour un prix dérisoire, indéfiniment. Un baril de pétrole demande une cuve, des assurances, une surveillance, et la capacité mondiale de stockage est limitée — elle s’est trouvée saturée au printemps 2020, quand la demande s’est effondrée en quelques semaines.

Cette différence n’est pas théorique : elle se paie. Le prix affiché ici est celui d’un contrat à terme, qu’il faut vendre avant l’échéance et racheter sur l’échéance suivante. Quand le contrat lointain vaut plus cher que le proche — la situation la plus fréquente sur le pétrole — chaque report coûte de l’argent. Sur de longues périodes, l’accumulation de ces reports écarte considérablement la courbe d’un fonds pétrolier de celle du baril lui-même.

Deux marchés, deux sortes de chocs

Le pétrole encaisse des chocs d’offre : décisions de l’OPEP, conflits, sanctions, accidents de production. Ses variations sont brutales et son prix peut doubler ou se diviser par deux en quelques mois, ce que peu d’actifs font.

L’or encaisse des chocs de confiance. Les deux coïncident parfois — une guerre fait monter les deux — mais pour des raisons distinctes, et jamais dans les mêmes proportions ni sur la même durée. Le rapport or/pétrole, suivi depuis des décennies, bondit précisément dans ces moments de désordre où l’énergie se renchérit et où l’on cherche un refuge.

Un épisode manque forcément à la courbe : le 20 avril 2020, le contrat de référence américain a coté en dessous de zéro, les détenteurs étant prêts à payer pour ne pas prendre livraison. Une comparaison exprimée en multiples d’une mise de départ ne sait pas représenter un prix négatif.

Questions fréquentes

Un fonds pétrolier suit-il le prix du baril ?

Pas sur la durée. Il détient des contrats à terme qu’il doit reporter d’échéance en échéance, et ce report a un coût quand le contrat lointain est le plus cher. Sur plusieurs années, l’écart avec le prix affiché du baril devient très large.

À quoi sert le rapport or/pétrole ?

À mesurer combien de barils vaut une once. Les analystes le suivent comme un indicateur de tension : il s’envole quand la demande de refuge et la baisse de l’énergie se conjuguent, et s’écrase lors des chocs pétroliers.

De quel pétrole s’agit-il ?

Du contrat de référence américain, le plus échangé au monde. Le Brent de mer du Nord, référence européenne, cote à un prix voisin mais pas identique, l’écart entre les deux reflétant les coûts de transport et la qualité du brut.