Franc suisse vs Dollar américain

Deux monnaies, vues depuis l’euro. Le franc suisse s’est apprécié face à presque tout pendant un demi-siècle, le dollar a connu des cycles amples dans les deux sens. Mais une courbe de change ne dit qu’une moitié de l’histoire : détenir une devise rapporte aussi les intérêts qu’elle sert, et ils ne figurent pas ici.

Sur la période commune aux deux séries, Franc suisse l’emporte avec +1,7 % par an.

Du 04/01/1971 au 23/10/2026, en euros.
Actif Performance totale Annualisée Volatilité Plus forte baisse
Franc suisse +149,9 % +1,7 % par an 5,8 % −15,7 % (mars 1980)
Dollar américain −52,2 % −1,3 % par an 10,3 % −66,3 % (juillet 2008)

Chiffres calculés le 26/10/2026 à partir des cours de clôture mensuels. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Ce que mesure — et ne mesure pas — une courbe de change

Les deux tracés comparent ce que valent un franc suisse et un dollar pour quelqu’un qui compte en euros. C’est un rapport de prix entre monnaies, rien de plus.

Or personne ne détient des devises sous son matelas : un compte en francs ou en dollars porte intérêt, au taux de la banque centrale correspondante. Et ces taux ont été très différents — la Suisse a pratiqué des taux nuls puis négatifs pendant des années, quand le dollar en servait de bien plus élevés. Le classement affiché ici peut donc s’inverser dans un compte réel, où les intérêts perçus s’ajoutent au mouvement de change. Le comparateur ne les connaît pas.

Un demi-siècle d’appréciation, et un matin de janvier 2015

La série démarre au début des années 1970, au moment où le système de changes fixes hérité de l’après-guerre se défait et où les monnaies se mettent à flotter. Le franc suisse en sort gagnant pendant des décennies, porté par l’excédent commercial du pays, sa stabilité politique et son statut de refuge — quand une crise éclate quelque part, les capitaux s’y déplacent.

Cette force est devenue un problème pour l’industrie suisse, au point que la banque centrale a fixé en 2011 un plancher de change face à l’euro et l’a défendu en créant de la monnaie. Elle y a renoncé sans préavis le 15 janvier 2015 : le franc a bondi de plusieurs dizaines de pour cent en quelques minutes, ruinant au passage des intermédiaires et des particuliers positionnés contre lui. Peu d’événements illustrent aussi bien qu’une parité tenue par une institution n’est pas une parité garantie.

Une précision sur l’affichage : tout est converti en euros, y compris les années antérieures à 1999. L’euro n’existant pas alors, ces valeurs reposent nécessairement sur une reconstitution à partir des monnaies qu’il a remplacées.

Questions fréquentes

Une devise est-elle un placement ?

Pas en elle-même : elle ne produit rien. Ce qu’un compte en devises rapporte vient du taux d’intérêt servi, auquel s’ajoute ou se retranche le mouvement de change. Cette page ne montre que le second terme.

Pourquoi le franc suisse monte-t-il dans les crises ?

Parce que les capitaux cherchent une monnaie stable, émise par un pays peu endetté, excédentaire et politiquement prévisible. Cette demande fait monter son prix au moment précis où l’on s’inquiète ailleurs.

Que s’est-il passé le 15 janvier 2015 ?

La banque centrale suisse a abandonné sans préavis le plancher de change qu’elle défendait face à l’euro depuis 2011. Le franc s’est apprécié brutalement en quelques minutes, un mouvement d’une ampleur très rare sur une grande devise.