Nikkei 225 vs S&P 500

La plus longue fenêtre du site, et le seul cas où un grand indice est resté plus de trente ans sous son sommet. Le Nikkei 225 culmine fin décembre 1989 ; il faudra attendre 2024 pour qu’il retrouve ce niveau en yens. Le S&P 500, sur la même période, a connu deux krachs majeurs et les a effacés l’un et l’autre.

Sur la période commune aux deux séries, Nikkei 225 l’emporte avec +6,7 % par an.

Du 05/01/1965 au 23/10/2026, en euros.
Actif Performance totale Annualisée Volatilité Plus forte baisse
Nikkei 225 ×54,3 +6,7 % par an 20,8 % −76,0 % (mai 2003)
S&P 500 ×41,6 +6,2 % par an 18,0 % −69,2 % (mars 2009)

Chiffres calculés le 26/10/2026 à partir des cours de clôture mensuels. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Deux indices, deux conventions de calcul

Le Nikkei 225 pondère ses membres par le cours de leur action, exactement comme le Dow Jones : une action chère y pèse lourd, indépendamment de la taille de la société. Le S&P 500 pondère par la capitalisation flottante, c’est-à-dire par le poids économique réel de chaque entreprise.

La comparaison porte donc autant sur deux marchés que sur deux manières de les mesurer. Le Japon publie également un indice pondéré par les capitalisations, le TOPIX, dont le profil diffère sensiblement de celui du Nikkei sur les mêmes années.

Décembre 1989, et ce que la courbe ne dit pas

Le sommet de fin 1989 clôt une bulle sur les actions et l’immobilier japonais d’une ampleur sans équivalent dans un pays développé. La descente qui suit n’est pas un krach mais une érosion longue, entrecoupée de reprises. Trente-quatre ans séparent ce sommet de son dépassement — une durée qui excède la vie d’épargne de la plupart des gens.

Deux réserves, cependant. Ces trente-quatre ans se comptent en yens et hors dividendes : un investisseur qui aurait réinvesti les dividendes versés sur la période aurait retrouvé sa mise sensiblement plus tôt, ce que ces deux indices de prix ne montrent pas.

Et la courbe affichée ici est convertie en euros. Pour un épargnant européen, la baisse du yen de ces dernières années s’ajoute donc au résultat japonais, tandis que le S&P 500 est lui-même affecté par le dollar. Les dates de retour au sommet, lues sur ce graphe, ne sont pas celles que citent les journaux japonais.

Reste un résultat qui surprend : sur la fenêtre affichée, le Nikkei l’emporte. Elle démarre en 1965, et les vingt-quatre années d’ascension qui précèdent le sommet pèsent plus lourd que les trois décennies de convalescence qui le suivent. C’est l’illustration la plus nette de ce qu’une date de départ décide d’une comparaison — déplacez-la à janvier 1990 avec le sélecteur de période, et le classement s’inverse.

Questions fréquentes

Pourquoi le Nikkei l’emporte-t-il malgré tout ?

Parce que la comparaison démarre en 1965, bien avant la bulle. L’ascension japonaise des années 1970 et 1980 a été telle qu’elle compense la stagnation qui a suivi. Sur une fenêtre ouverte en 1990, le verdict est l’inverse.

Le Nikkei a-t-il vraiment mis trente-quatre ans ?

En yens et hors dividendes, oui : de décembre 1989 à 2024. Dividendes réinvestis, le délai est nettement plus court. C’est la meilleure illustration de ce qu’un indice de prix peut faire croire.

Pourquoi la comparaison est-elle en euros ?

Parce que les deux actifs ne cotent pas dans la même devise. Le résultat affiché est donc celui d’un épargnant de la zone euro, mouvements du yen et du dollar compris.

Pourquoi remonter à 1965 ?

C’est le premier jour où les deux séries dont nous disposons cotent ensemble. Le comparateur démarre toujours là, pour ne pas prolonger artificiellement la plus jeune des deux.