S&P 500 vs S&P 500 TR
Les mêmes cinq cents sociétés, comptées de deux façons. Le S&P 500 que citent les journaux ne suit que les cours ; sa version TR suppose chaque dividende réinvesti le jour de son détachement. L’écart entre les deux courbes n’oppose pas deux placements : il mesure la part du rendement que l’indice le plus connu laisse de côté.
Sur la période commune aux deux séries, S&P 500 TR l’emporte avec +11,4 % par an.
| Actif | Performance totale | Annualisée | Volatilité | Plus forte baisse |
|---|---|---|---|---|
| S&P 500 | ×29,8 | +9,2 % par an | 15,5 % | −54,7 % (mars 2009) |
| S&P 500 TR | ×66,8 | +11,4 % par an | 15,3 % | −53,1 % (mars 2009) |
Chiffres calculés le 26/10/2026 à partir des cours de clôture mensuels. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Ce que l’indice de prix ne compte pas
Quand une société verse un dividende, son cours baisse mécaniquement du montant détaché — l’argent est sorti de l’entreprise. Un indice de prix enregistre cette baisse et s’arrête là, alors que l’actionnaire, lui, a reçu la somme. Répété quatre fois par an sur cinq cents sociétés pendant des décennies, l’oubli devient considérable.
Le S&P 500 TR refait le calcul en supposant chaque dividende réinvesti dans l’indice le jour même. C’est un rendement brut : il ne retranche aucune retenue fiscale. S&P publie aussi une version nette, qui applique le prélèvement subi par un investisseur étranger, et qui se situe donc en dessous.
Pourquoi l’écart s’accélère
Un dividende réinvesti achète des parts qui verseront elles-mêmes des dividendes. L’écart entre les deux courbes ne grandit donc pas d’un montant fixe chaque année mais en s’accélérant, et sur une génération il finit par représenter une fraction du résultat que le rendement annuel du marché ne laisse pas deviner.
Une nuance tempère la lecture : le rendement du dividende américain a nettement baissé depuis les années 1980, les entreprises ayant largement remplacé la distribution par le rachat de leurs propres actions. Un rachat soutient le cours et figure donc, lui, dans l’indice de prix. L’écart mesuré sur les dernières années est pour cette raison plus étroit que celui des décennies précédentes.
Questions fréquentes
Quelle version voit-on dans les médias ?
L’indice de prix, toujours. C’est lui que désigne « le S&P 500 » dans une dépêche ou un journal télévisé, et c’est la raison pour laquelle les performances boursières citées de mémoire sous-estiment ce qu’un placement a réellement rapporté.
Pourquoi la comparaison ne remonte-t-elle pas à 1927 ?
L’indice de prix a une histoire bien plus longue que sa version à rendement global, dont la série disponible commence en 1988. Le comparateur démarre au premier jour où les deux cotent, faute de quoi il confronterait une courbe à rien.
Un ETF S&P 500 suit-il le TR ?
Un ETF capitalisant s’en approche, diminué de ses frais et de la fiscalité qu’il subit sur les dividendes reçus. Un ETF distribuant suit l’indice de prix et vous verse les dividendes à part : c’est à vous de les réinvestir pour retrouver la courbe TR.